Je ne m'y habituerai jamais.

Je ne m'y habituerai jamais.
Ca fait deux jours que je n'ai pas de nouvelles. Deux jours. C'est marrant. Un deux. Tout le monde sait compter jusqu'à deux, et pourtant ça fait mal. Ou peur.

Heureusement. Aujourd'hui je l'ai vu, il s'appelle David aussi. Toujours aussi tout. Toujours aussi lui, on va dire.

Il y a exactement 32 minutes de cela, Mamie m'a vouvoyée. Ca aussi c'est marrant. Vous, vous et vous. Plus tu. Vous. Bordel. C'est trop tôt. Et demain elle ne me dira plus rien. Ni tu ni vous. Ni 'ma chérie' ni 'demoiselle'. Déjà elle ne sourit plus, ou presque. Mais au fond, c'est marrant.

Oui. Encore plus que le goût du malheur, ce besoin de persuasion me fascine aussi.

# Posté le dimanche 20 mai 2007 10:35

Modifié le dimanche 20 mai 2007 10:49

'Avec cette photo...seul toi sait que je te parle à toi, c'est pour ça !' Même si le monde le sait.

'Avec cette photo...seul toi sait que je te parle à toi, c'est pour ça !' Même si le monde le sait.
I still loving you. C'est sur cette fameuse chanson qui nous a servit de fond sonore durant l'été 2005 que je vais te répondre. A toi mon amie, ma zboulette. Merci de te faire du souci. Je regrette aussi ce que l'on était. Nos souvenirs ne méritent pas d'être énumérer sur un bout de papier. Encore moins sur un écran. Ils sont bien trop forts.
Je regrette ce que j'étais, moi. David est parti, il a fait ce choix que je rêve de faire à mon tour. Et je crois que cette peur que j'ai restera clouée à mon bidon. Encore plus aujourd'hui. Monsieur me donne l'impression de frôler la mort chaque jour un peu plus. Tu le connais, toi aussi. Toujours plus. Toujours plus de risques. Je n'ai pas besoin de te le présenter. Putin de guerre qui nous bouffe.
Et puis oui, il y a Elle. Celle pour qui je viderai les larmes de mon corps, malgré l'inefficacité que ce geste aura. Elle m'oubliera, involontairement. Et je pleure pour ce jour. D'ailleurs, elle ne m'oubliera pas. Car encore faut il avoir connu quelqu'un pour l'oublier. J'ai mal au ventre. Je sais. Elle me regardera avec ce regard atroce qui me dira que je suis une inconnue. Et oui, c'est moi aujourd'hui, moi qui n'ai jamais eu à me plaindre. Je vais mal. Tu le sais, mais tu sais aussi que je ne parle pas.
Je vais bien après tout. Après tout ce que je viens de balancer à notre malaise, je vais bien. Et puis peu importe. Je ne sais pas parler aux gens. J'éspère que le père noël t'offrira ce dont tu as envie. Tu as été ma première amie et je t'aime. Ceci dit, évite de dire 'zaricots' au lieu de 'haricots'. Ce serait une façon de dépasser les 'limites'. Vive nos mamans. Nos rollers. Vive nos chats. Vive toi. Vive nous.

# Posté le jeudi 17 mai 2007 12:23

07 Mai. 20h12.

07 Mai. 20h12.
Demain c'est le 8 mai, jour de l'Armisitice. Avec un grand A comme à Armandine. Armandine et pas Amandine. Ca n'est pas une tarte ma Fée. Non, Amandine pour les intimes, peut-être. Mais Armandine pour les autres. D'ici 5 minutes, mon oeuf à la coq sera près. Et j'irai faire ce geste que j'aime tant, après avoir bien impregné ma mouillette d'oeuf salé : une goutte de jaune coulera le long de ma lèvre inférieure. Et là je dirai merci ma langue. Merci d'exister. J'ai mal au dos. Hier c'était le ventre, et demain ce sera la tête. Oui, me plaindre c'est dans ma nature ; je ne suis pas Juive pour rien. Quoique j'aime le Shabbat et les gâteaux aux amandes de Maman. David va bien. Et je l'aime toujours autant. Le 22 Août c'est le jour. On peut pas dire le Grand jour. Mais c'est le jour. Le jour de l'armée. Plus de deux ans. Et malgré tout, je ne l'aime que plus. J'ai toujours mal au dos, et je pleure pour la France.

# Posté le lundi 07 mai 2007 14:12

Modifié le jeudi 12 juillet 2007 08:13

Se souvenir des belles choses.

Se souvenir des belles choses.






Mamie est malade. Elle a cette maladie indéfinissable. Cette chose qui se métamorphose selon les jours, les heures, les minutes.
Aujourd'hui, Mamie va bien. Demain elle ira peut-être mieux. Et les jours d'après on verra bien. Mais on le sait : Mamie est joyeuse.
Mamie est malade. Et nous aussi. Mamie rit. Je pleure. Mais Mamie oublie. Tout. Rien. On ne sait pas. Elle oublie partiellement. Puis définitivement. Et ça revient. Et ça repart. Lundi elle se souvient. Elle est heureuse. Mardi elle oublie. Elle est heureuse. Et Mercredi on verra bien. Mais on le sait : Mamie disparait. Son esprit s'évapore. Jour après jour. Heure après heure. Minute après minute. Mais Mamie est là. Vivante.
Lundi je vais voir Mamie. Mardi une Dame. Mercredi je verrais bien. Mamie a un coeur, il bat. Mamie se souvient : je suis sa petite fille. La Dame a un coeur, il bat. Mais la Dame ne se souvient pas : je n'existe pas. Et Mercredi on verra bien. J'ai peur de ce jour où Mamie m'oubliera.
J'ai peur de la Dame : Alzheimer

# Posté le dimanche 18 mars 2007 12:39

Modifié le mardi 01 mai 2007 12:20

Article en toute sincerité.

Article en toute sincerité.
Il est 23h06. Nous sommes un lundi. Le lundi 27 Novembre 2006. Je suis une fille. Née il y a déjà plus de 16 ans de cela, aux alentours de Cergy, à Pontoise. A ma naissance, mes parents, déjà soucieux de mon avenir, ont décidé de me nommer 'Clélia'. Oui, car voyez-vous, s'appeler Clélia, C-l-é-l-i-a, ça n'est pas facile tous les jours. Encore moins à l'âge de 5 ans, lorsque l'on vous demande d'épeler votre prénom. Ceci dit, j'y ai survécu.
Il est 00h00. Soit l'heure de ma neuroendocrinologie hebdomadaire. J'ai toujours 16 ans. Le soir, je suis ballottée entre la peur et la curiosité. Et la journée, je passe mes heures à me ballonner le ventre. Si j'agis ainsi, ça n'est pas que j'aime m'exorciser l'estomac. Non, le masochisme, ça n'est pas ma tablette de chocolat. C'est simplement que le specimen qui me sert de frère a decidé d'aller pondre sa vie dans cette 'no man's land'. Mais comme j'ai survécu un prémière fois au fait de m'appeler Clélia, je survivrai à ce fait aussi. J'ai vieilli. Et là encore, je vieilli. Je ne cesse de vieillir, et ce phénomène me rend quelque peu éraillée. La Terre n'a pas encore explosé. Les forces gravitationnelles existent toujours : je ne vole pas. J'ai récemment remarqué que j'avais 5 doigts sur chaque main et sur chaque pied. Sachant que j'ai deux mains et deux pieds, ça fait un total de 20 doigts, ce qui est on ne peut plus suffisant pour écrire. Mais pas encore pour combler les 88 touches du piano de Mamie. Je me lève le matin a 6h55 pour prendre un bus qui passe a 7h20. Le trajet du bus étant de 20 minutes, le bus arrive à 7h40 au lycée, soit 20 minutes trop tôt. Non en fait, c'est faux. Le bus arrive bien à cette heure là, mais c'est Maman qui m'enmène au lycée, en voiture =). Mais pour en revenir à nos moutons, donc au fait que j'ai 20 doigts, il faut savoir que ceux-ci me servent depuis 9 ans à jouer du violon, ou tout du moins à émettre des sons avec un archet. Ils me servent aussi - tous les 32 du mois - à nourrir mes 2 chats. Galipette, la maman, qui ne s'est toujours pas rendue à l'évidence que c'était au chien de sauter sur le chat, et non l'inverse. Et Maïtiqua, la fille, qui elle a très bien saisi son rôle de matou : courir après les abeilles. Quand je s'rais grande, je s'rais pêcheuse le Dimanche, jour de la Messe. Commerçante de Lundi, jour de fermeture des magasins. Boulangère le mardi, jour de fermeture de la boulangerie. Professeur chez les primaires le Mercredi. Chasseuse d'images de tête le Jeudi. Photographe le Vendredi. Et Juive le Samedi. Mais pour le moment, malgré la vieillesse qui ne cesse de m'accabler, j'ai 16 ans, et mon unique préoccupation étant d'apprendre les quelques 200 000 milles mots du dictionnaire par coeur (mais surtout par envie), je préfère me couper de toute vie sociale, quelque soit le jour de la semaine. Nous sommes Mardi, et aujourd'hui, le lapin en peluche que mon frère David, 18 ans - batteur incontesté - m'a donné à la naissance a lui aussi plus de 18 ans, mais n'a plus d'oreilles. Ceci dit, il s'appelle Panpan, ce qui fait tout de même de lui un héros. Petite je mangeais les graviers sur le chemin de la médiathèque, et aujourd'hui, j'aime le bruit des paquets de mouchoirs. Je suis très balaise pour ce qui est de parler pour ne rien dire et j'aime pas les gens qui disent "zaricots" au lieu de "haricots".

# Posté le dimanche 17 décembre 2006 06:55

Modifié le lundi 09 juillet 2007 08:04